
L’évangile nous raconte que les pharisiens ont tendu un piège à Jésus pour le faire condamner. Le coup est très bien préparé. Il s’agit d’amener Jésus à choisir entre deux opinions politiques opposées, qui chacune pourrait le faire condamner à mort. On lui demande : « Est-il permis ou non de payer l’impôt à César ? »
Si Jésus répond oui, les pharisiens crieront au scandale. Si, au contraire, Jésus répond que non, il ne faut pas payer l’impôt à César, alors il devient un opposant politique.
Il faut observer que l’évangéliste a sa façon à lui de raconter les choses. D’abord, il y a une bonne dose d’humour dans son texte. Il nous fait remarquer que Jésus n’avait pas de denier sur lui. Avec une bonne pointe d’ironie, l’évangéliste souligne que Jésus doit leur demander un denier parce qu’il n’en a pas, alors que les pharisiens en trouvent facilement un en leur possession. Ensuite, Jésus ne touche pas à ce denier. Il leur pose une question et il leur laisse le soin d’examiner la pièce de monnaie. Ce sont eux qui identifient pour lui la figure et qui lisent l’inscription gravée sur cette monnaie : Tibère . Auguste . César . Fils . du . Divin . Auguste. Jésus n’y touche même pas. C’est alors qu’il a cette trouvaille que toute l’humanité répète encore d’une génération à l’autre, depuis deux mille ans. Il commence par reprocher leur hypocrisie aux pharisiens qui lui posent la question pour leur montrer qu’il a très bien compris ce qu’ils cherchent. Ensuite, il se fait apporter l’argent qui sert à payer l’impôt. Il se fait décrire l’effigie et lire la légende sur la pièce d’argent. Et lorsqu’on lui répond que tout cela est de César, il répond : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » Étonnés, les autres s’en vont. Le piège n’a pas fonctionné.
Josiane Fabris