Ils étaient trois, devant le tombeau vide. Trois témoins ébahis de ce que l’œil avait jamais vu, ni l’oreille entendu. Trois figures aussi de la charité, de la foi et de l’espérance que la Résurrection du Christ a rendu victorieuse.
Marie-Madeleine s’est levée de bon matin, bien avant le soleil, elle traverse Jérusalem endormie. Elle veut aller embaumer Jésus, poser le dernier geste d’un amour reconnaissant. Et la gratuité même de ce geste ultime témoigne de la délicatesse de son amour pour le Maître. Et c’est pourquoi Marie-Madeleine est pour nous la figure de la charité. Elle nous apprend à croire en l’amour, en toutes circonstance. Elle est restée fidèle au commandement de Jésus :
« Demeurez dans mon amour »
Le deuxième arrivé au tombeau, c’est Jean. Il court vers le tombeau avec tout l’élan de sa jeunesse, laissant loin derrière lui le pauvre Pierre tout essoufflé. Arrivé au sépulcre, il voit, et il croit. Mais que voit-il ? Rien, justement rien, Il ne voit rien, car le tombeau est vide. Mais cela lui suffit pour croire en la résurrection. Jean est pour nous la figure de la foi, cette foi qui ne repose pas sur des preuves matérielles, mais sur la confiance en la parole qui sort de la bouche de Dieu. Celui qui met sa confiance dans le Christ, et dans sa parole efficace, il est donné de marcher de clarté en clarté, parce que l’aube de Pâques illumine sa vie.
Le dernier à la course vers le tombeau, c’est Pierre qui n’a pas eu un très beau rôle pendant la passion. Il a renié Jésus. Volontairement, consciemment : trois fois !Dans le fond, vaut-il mieux que Judas ?N’a-t-il pas trahi lui aussi à sa manière ?Seulement il y a une différence profonde entre Judas et Pierre : Judas s’est pendu. Quand il a pris conscience de sa faute, il a désespéré de la miséricorde de Dieu. Mais dans le cœur de Pierre, cette espérance est toujours restée intacte. A l’aube de Pâques, devant le tombeau vide, il sait qu’il a eu raison d’espérer malgré son péché. C’est pourquoi Pierre est pour nous la figure de l’espérance. Notre Dieu est le Dieu de l’espérance, le Dieu de l’avenir, une avenir toujours possible, toujours ouvert, toujours offert.
En ce matin de Pâques, Marie-Madeleine, Jean et Pierre ont couru jusqu’au tombeau ouvert. Soyons-nous aussi les sentinelles du matin qui témoigne en ce monde que le Christ est vainqueur pour l’éternité.
Josiane Fabris